De Narbonne, direction Lagrasse, puis suivre les indications. C'est tout simple
Du village de Termes, on peut monter directement au château. Mais, on peut aussi faire une promenade le long du Sou et dans les collines. A partir du parking à la sortie du village, on suit un chemin à gauche après avoir franchi la rivière. C'est beaucoup plus long, mais beaucoup plus agréable.
Le trop-plein se déversera en contre-bas en soulevant cette planche.
En cet avril hivernal, au hasard du cheminement, on découvre des plantes inconnues, bien cachées sous les frondaisons.
Au détour du chemin apparaît le Sou qui se laisse admirer en toute quiétude. Il n'empêche que lors d'averses importantes, les flots se déchaînent en crues parfois spectaculaires et dévastatrices.
Encore une surprise florale. Ce soleil issu de la terre semble être un colza sauvage.
Nous découvrons sur la berge en pente douce ces superbes bouquets. Bien entendu, ces fleurs nous sont totalement inconnues. Si quelqu'un peut nous aider en glissant le nom dans les commentaires ......
Merci à Francis, lecteur et connaisseur en fleurs qui précise le nom de cette belle fleur.
On la trouve aux pieds des arbres tels que les peupliers, les saules, mais aussi les aulnes et pourquoi pas le chêne pédonculé, on trouve parfois un beau matin un étonnant tapis de fleurs pourpres : la clandestine est arrivée.
Ces fleurs, qui font en moyenne trois à quatre centimètres de long, forment une touffe ou un disque pouvant atteindre un diamètre de cinquante centimètres pour les plus grosses !
Tout savoir sur notre clandestine :
http://www.antiopa.info/125-lathree-lathrea-clandestina-fleur-parasite-violette.htm
A partir de là, commencent les choses sérieuses. Le chemin se dresse, se tord, se rétréci, s'encombre de pierres et nous permet d'admirer un paysage typique des Corbières.
Malgré un ciel couvert, la partie haute du village de Mouthoumet en en fond le fameux Bugarach. Le toponyme Mouthoumet vient du celte "multo" qui signifie mouton, et "etum" désigne un suffixe collectif. en effet, la pauvreté du sol incitait à l'élévage de moutons.
Pour en savoir plus sur ce village cliquez sur le lien ci-dessous.
Enfin, au détour du sentier, le château de Terme apparaît. Oui, bien sûr, il en manque quelques morceaux. Mais quand on est âgé de 900 ans, quoi de plus normal. Heureusement que de nombreux et courageux bénévoles apportent leur contribution à la restauration de ce monument des Corbières.
A 700 mètres d'altitude s'élève ce "fils de Carcassonne", gardien de la limite entre la France et l'Aragon, le Château a donné son nom à la région : le Termenes. Il se compose de deux enceintes et d'un donjon en son centre. Bâti sur un escarpement rocheux impressionnant,
Termes semblait imprenable. Simon de Montfort en fit le siège et finit par vaincre la résistance de Raymond de Termes et de ses 400 soldats, en août 1210.
Alors que Béziers tombait en une journée, il fallut à Simon de Montfort plusieurs mois pour vaincre le seigneur de Termes. Ce fut l'un des plus longs épisodes de la Croisade contre les Albigeois.
En 1228, le roi de France confisque le château. Reconstruit, pendant 400 ans, Termes participera à la surveillance de la frontière.
Termes s'endort et est oublié de tous jusqu’au XX ème siècle. Classé aux Monuments Historiques, fouilles archéologiques et restaurations animent le site ouvert au public.
Le traité de Corbeil de 1228 entre la France et l'Aragon a pour conséquence le renforcement de la ligne frontalière. Le château de Terme est renforcé. Pour cela le village jouxtant le château est détruit et reconstruit à l'emplacement actuel.
Départ d'une arche, côté gauche ....
Le château n'est pas très peuplé. Ainsi, en 1302, période calme, vivent une quinzaine de personnes : dix sergents, le châtelain, un chapelain, 1 portier et un seul et unique guetteur.
La partie droite de l'arche.
En cas d'attaque, ces hommes, équipés et armés d’arbalètes défendent le site en attendant les renforts. Un site comme Termes peut contenir une centaine d'hommes d'armes en cas de besoin avec les matériels et nourriture.
N'ayant pas été adapté à résister aux armes à feux, contrairement au château de Quéribus, devenu inutile après le recul de la frontière, le roi décide la destruction de cette forteresse, dans le but de la rendre inutilisable à d'éventuels ennemis.
La population est "conviée" à cette destruction, au titre de la corvée. Mais, le peu de motivation des habitants incite le pouvoir à "délocaliser" les travaux à un entrepreneur de Limoux.
La destruction durera un an et coûtera 14922 livres et 10 sols.
Pour tout savoir sur le château de Termes,
cliquez sur ce lien ;
http://www.chateau-termes.com/index.html#sthash.XgsMzGRA.dpbs
Les seigneurs de Termes apparaissent dans les textes en 1061. Aux XI ème et XII ème siècle, la puissante seigneurie englobe quelques 60 villages, dont 28 sont fortifiés. des seigneurs vassaux occupent ces castra et constituent une force armée mobilisable.
Vue d'ensemble de la chapelle.
Les seigneurs de Termes sont les vassaux des Trencavel.
Ils doivent aussi allégeance à l' archevêque de Narbonne,aux comtes de Carcassonne-Razes, de Barcelone, de Cerdagne, etc...
En multipliant les serments de fidélité, les seigneurs de Termes acquièrent de nouveaux fiefs.
De quoi vivaient les seigneurs de Termes ? Les terres étant peu fertiles, l'élevage des moutons et l'extraction du minerai de fer constituaient leurs principales ressources financières. Il était donc intéressant d'étendre ses possessions.
Une autre source de revenus : certains des seigneurs de Termes supportaient les thèses cathares et récupéraient les biens matériels rejetés par les Parfaits.Ils n'hésitèrent pas à faire main basse sur des possessions des abbayes de Lagrasse.
Faisons connaissance avec les seigneurs de Trencavel dont le nom signifie tranche bien. Mais on peut lire aussi : Trenca avelana.
La maison des Trencavel fut une des plus puissantes après celle du Comte de Toulouse et du Roi d'Aragon. Au sommet de leur puissance, les Comtés de Nîmes, Agde, Albi, Béziers, Carcassonne et du Razès leur appartenaient. Les Trencavals furent des acteurs majeurs de la Croisade des Albigeois, cause de leur déclin, tout comme celui de la Maison de Toulouse.
Point de vue à partir de la poterne
On peut imaginer la taille du château en voyant l'épaisseur et la longueur de certains murs survivants.
Quelques mots sur Simon de Montfort.
A la foi très pieux et auteur de cruautés sans nom, il était le chef de la croisade des Albigeois. En contre-partie de son engagement belliqueux, le roi de France lui laissait la propriété de fiefs pris aux hérétiques.
Simon ne possédait que la petite seigneurie d' Yvelines, inféodée au roi Philippe Auguste. D'autres membres de sa famille possédant des territoires plus vastes et plus riches à Leicester et en Normandie, à Evreux, Simon a saisi l'opportunité de ne plus être le plus petit seigneur de la famille. Le roi de France ne pouvait faire meilleur choix.
Gros plan sur la tour ronde
Menée conjointement par le légat du pape Arnaud-Amalric, en charge du religieux, et par Simon de Montfort, ce fut la première croisade contre des chrétiens et la plus cruelle. Deux sociétés s'affrontent : le Nord féodal et brutal contre le Sud plus tolérant plus urbain et plus policé.
En 1215, lors du Concile de Latran, Simon de Montfort reçoit le comté de Toulouse, le Duché de Narbonne et les Vicomtés de Carcassonne et Béziers. Le 25 juin 1217, lors de combats (encore et toujours) contre Raymond VII , ancien Comte de Toulouse, Simon de Montfort meurt, atteint par des jets de pierres. Pour en savoir plus sur Simon de Montfort, cliquez sur ce lien :
En redescendant vers le village, on se rend compte de l'escarpement sur lequel la forteresse est accrochée.
La descente est facile et brève. Nous sommes au village de Termes, au bord du Sou. Cette magnifique bâtisse abrite l'accueil du Château.
Pour terminer, promenons-nous dans le village dans lequel vivent 48 habitants, selon le recensement de 2010. Un classique de l'architecture régionale : la rue ou le passage couvert.
Ce passage n'est pas très long. Mais qu'est-ce qui pourrait être long dans ce village encaissé, bordé par le Sou.
Cet arbre de Judée, entre les deux maisons, est du plus bel effet. Je regrette d'autant plus l'absence de soleil.
Pancarte en Occitan, bien sûr.
Le café, lui, est un "intermittent du spectacle".
Pour le moment fermé, il attend la saison estivale pour s'ouvrir au monde.
Etant bâti sur les pentes raides d'une colline, une bonne circulation des eaux de ruissellement est indispensable. Tout un réseau de rigole dirige l'eau vers la rivière.
Il n'y a pas que le château qui mérite une restauration. Quelques maisons offrent un "fort potentiel" pour les courageux bâtisseurs.
N'oubliez pas :
la visite virtuelle, oui.
Mais rien ne remplace la visite sur place.




