SURVIVANT MEDIEVAL
Le château de Villerouge La Crémade est un inconnu, dont la date de naissance reste vague. Sa vie est toute aussi mystérieuse ainsi que les causes de son état. Il faut bien l'avouer : c'est une ruine. Plus exactement, une ruine du donjon du château.
Tout d'abord, il faut que vos pas, par le plus grand des hasards, vous le fassent rencontrer. Comment faire ?
Si vous venez de Fontfroide en direction de Lagrasse, peu avant Saint-Laurent de la Cabrerisse, sur votre droite, il domine le petit village de Villerouge La Crémade. Poussé par la curiosité, vous tournerez de suite à droite.
Arrivée dans Villerouge la Crémade, la départementale prend le nom
d'Avenue des Corbières. Après avoir garé sa petite auto,
on va avec ses petits pieds,
par la petite rue du Lavoir jusq'en haut de la butte.
Attention aux non sportifs, une pente à 20 % termine presque l'ascension !
Nous sommes aux pieds du château.
Comme la plupart des châteaux du pays Cathare datent à peu près de la fin du
X ème siècle, il n'est pas impossible qu'il fût inauguré vers cette époque
par le seigneur propriétaire.
cliquez sur les images pour les agrandir
Ce qui étonne, c'est cette large ouverture. Un château médiéval n'en disposait pas.
Il semble que cette fenêtre soit plus récente, du XV ème siècle peut-être.
En comparant avec la carte postale ci-dessous, on constate qu'il manque
tout le pan de mur de droite, effondré en 1960.
A noter que depuis Narbonne existe une suite de châteaux à intervalles presque réguliers. On a le sentiment que d'un château à l'autre on pouvait communiquer : celui en ruine à la sortie de Narbonne, après Montredon en direction de Fontfroide, qui précède de peu le château de Saint-Martin de Toques sur le domaine de Beauregard-Mirouze (restauré entièrement), celui de Montseret ( dont il reste si peu), et enfin celui de Villerouge.
Ainsi, une chaîne de châteaux contrôlait un passage de Narbonne vers les Corbières.
Après avoir escaladé la butte, on arrive par la "face nord".
Sur la gauche, il reste un élément d'une deuxième fenêtre.
Ce qui laisse à penser que le mur était beaucoup plus long.
Lors de l'escalade, on rencontre des restes de construction répartis sur toute la butte, murs et fondations, et sur un périmètre assez large.
Malheureusement, la végétation ayant pris toute sa place,
il est impossible de se faire une idée du volume entier du château.
De plus, de nombreuses pierres ont été réemployées à la construction
d'autres bâtis comme il était d'usage autrefois.
En gros, nous avons un donjon médiéval remodelé renaissance
Une vue plus précise sur les éléments de décoration de la fenêtre.

Le côté nord dans son ensemble.
On voit que les colonnes de décoration de la fenêtre est double.
On imagine où devait se trouver le "plancher", par rapport au bas de la fenêtre.
Quant au plafond ??
Mettons-nous au soleil, côté sud.
Côte ouest.
La quasi totalité du Château de Villerouge La Crémade
!!
Côté est.
Des éléments de fondation transformés en
éboulis.
Les fantaisies de l'érosion.
Une pierre d'angle bien détériorée, mais en forme de visage,
dont le nez est juste sur l'arête.
Excellent poste d'observation de la plaine,
avec en fond, les Corbières et derrière, les Pyrenées.
On distingue, au fond, dans un bosquet le domaine de Caraguilhes.
Il se dit qu'en ce temps-là, le seigneur de Villerouge aurait enlevé par amour,
bien sûr, une fille du seigneur de Caraguilhes. Le père aurait voulu récupérer "son bien"
et en prime aurait détruit le château du beau soupirant.
A moins qu'il ne s'agisse d'une des conquêtes brûlantes de Simon de Montfort
et de ses crémations d'hérétiques ?
Aujourd'hui Caraguilhes produit d' excellents vins bio.
Quand le château s'amuse avec le soleil.
Aux dernières lueurs de la journée
Et pour terminer
A bientôt.













